À l’écoute de la terre : enseignements de la ELIZKA Relief Foundation et du Rights and Advocacy Initiatives Network (RAIN)

À l’écoute de la terre : enseignements de la ELIZKA Relief Foundation et du Rights and Advocacy Initiatives Network (RAIN)

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La biodiversité ne se résume pas à un simple assemblage d’écosystèmes ou d’espèces ; elle constitue le socle même de la vie et des moyens de subsistance. De la restauration des paysages à la préservation des systèmes alimentaires, la protection des ressources naturelles est intimement liée au bien-être des communautés. Pourtant, certaines des actions les plus significatives dans ce domaine se déroulent  pas dans de hauts immeubles ou des laboratoires sophistiqués, mais au sein de communautés rurales discrètes, où la biodiversité est à la fois un don et une responsabilité partagée. 

Aux alentours de Kumasi, au Ghana, deux organisations locales ELIZKA Relief Foundation et le Rights and Advocacy Initiatives Network (RAIN) incarnent cette réalité. Leurs parcours offrent plus que de simples récits de réussites ou de défis. Ils révèlent des leçons profondes sur le leadership local, l’engagement communautaire et ce qu’il faut pour instaurer un changement durable depuis  la base. 

Là où les projets rencontrent les populations : ELIZKA Relief Foundation 

Au cœur du campus animé de l’Université de Formation Technique et de Développement Entrepreneurial Akenten Appiah-Menka (AAMUSTED) à Kumasi, la ELIZKA Relief Foundation œuvre depuis 2007 pour lutter contre la dégradation de l’environnement et promouvoir des moyens de subsistance durables. Du reboisement des terres dégradées à la mise en place de projets de pisciculture soutenant les systèmes alimentaires locaux, les activités de l’organisation allient expertise technique et pertinence sociale. 

Les opérations sont bien structurées, les partenariats solides. Pourtant, un défi persiste : la participation communautaire. Comme l’a souligné la direction de l’organisation, la coopération des populations locales n’est pas toujours acquise. Parfois, les projets sont conçus avec les meilleures intentions, mais si les communautés ne sont pas impliquées dès le départ, elles peuvent se sentir exclues des résultats. 

Ce constat met en lumière un enseignement clé : les solutions techniques ne suffisent pas à garantir l’impact. L’engagement authentique des communautés doit être intégré au cœur de la conception et de la mise en œuvre des projets. Lorsqu’on place les voix locales au centre dès le début, les communautés passent du statut de simples bénéficiaires à celui de véritables co-créateurs. 

Bâtir la confiance, goutte après goutte : Rights and Advocacy Initiatives Network (RAIN) 

Contrairement à ELIZKA, dont l’histoire est plus ancienne, RAIN  est une jeune organisation fondée en 2019, encore en phase de structuration. Malgré sa taille modeste, son approche lui a permis de gagner rapidement la confiance des communautés qu’elle sert. Ses projets répondent aux besoins réels identifiés sur le terrain, sans se plier aux attentes imposées par des acteurs extérieurs. 

La force de RAIN réside dans son écoute attentive. Toutefois, comme de nombreuses initiatives communautaires, elle est confrontée à des difficultés de financement. Ce n’est pas faute de résultats, mais plutôt en raison des défis liés à la recherche de bailleurs de fonds, à la rédaction de propositions et à la visibilité stratégique des compétences qui demandent du temps et un accompagnement adapté pour se développer. 

Surmonter ces défis nécessite plus qu’un simple soutien financier. Il faut un accompagnement adapté pour aider ces organisations à valoriser leur impact, identifier des partenaires compatibles et accéder à de nouvelles opportunités. 

Deux parcours, une même mission 

Bien que suivant des trajectoires différentes, l’une renforçant ses liens locaux, l’autre cherchant à faire entendre sa voix à l’échelle mondiale. Ces deux organisations poursuivent un même objectif : protéger la biodiversité et promouvoir un développement résilient, ancré dans les communautés. 

Leurs expériences rappellent avec force que le soutien doit être adapté aux contextes spécifiques. Il n’existe pas de solution universelle. Ce qui importe, c’est la réactivité, l’humilité et une vision à long terme. 

Des enseignements à l’action 

Des parcours de ELIZKA, RAIN et d’autres initiatives locales émergent des leçons utiles aux acteurs du développement et aux institutions souhaitant appuyer le changement porté par les communautés : 

  • Concevoir des stratégies d’engagement communautaire inclusives
    Impliquer les communautés dès le début permet de bâtir la confiance, de favoriser l’appropriation des projets et d’assurer leur pérennité. 
  • Renforcer les capacités de mobilisation de ressources et de visibilité
    Former les acteurs locaux à la rédaction de propositions, à la recherche de bailleurs de fonds et au storytelling améliore leur capacité à mobiliser des ressources et à élargir leur impact. 
  • Promouvoir l’apprentissage entre pairs et l’échange de connaissances
    Créer des espaces d’échange d’expériences, d’outils et de bonnes pratiques favorise la collaboration et stimule l’innovation. 
  • Proposer un mentorat de long terme
    Aller au-delà des ateliers ponctuels en offrant un accompagnement structuré et continu renforce la résilience institutionnelle des organisations et leur capacité d’adaptation. 
  • Valoriser les récits locaux avec un objectif clair
    Accompagner les communautés dans l’élaboration et la diffusion de leurs récits attire le soutien et inspire d’autres à agir.  

Laisser le leadership local tracer la voie 

Au cœur de chaque écosystème restauré ou moyen de subsistance amélioré se trouvent des individus et des communautés engagés dans un travail discret mais transformateur. Leurs efforts méritent reconnaissance, investissement et un soutien à l’écoute. 

Soutenir ce travail, c’est bien plus que fournir des ressources. C’est aussi faire preuve de patience, d’ouverture et de volonté de cheminer à leurs côtés. Quand les voix locales mènent la marche, la voie vers un changement durable devient plus claire et plus puissante. 

About the author

Daniel Gani

Daniel Gani est un jeune professionnel passionné par la gouvernance, le développement durable et la consolidation de la paix. Il est titulaire d'un master en diplomatie et géostratégie. Daniel a acquis diverses expériences au sein d'organisations internationales, notamment l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Il a également effectué un stage à l'Institut de la société civile de l'Afrique de l'Ouest (WACSI) au Ghana, où il a soutenu des initiatives de gestion des connaissances aux organisations communautaires. 

Daniel travaille actuellement avec le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (UNDESA), plus précisément à la Division des objectifs de développement durable (DSDG), où il contribue à faire avancer l'Agenda 2030 et à favoriser les partenariats multipartites. 

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WACSI Communications

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