Le travail communautaire : une composante de la philanthropie communautaire en voie de disparition en Afrique subsaharienne 

Le travail communautaire : une composante de la philanthropie communautaire en voie de disparition en Afrique subsaharienne 

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Le travail communautaire, appelé « omandwuma » en twi, langue locale dominante au Ghana, consiste en des efforts collectifs de la part des habitants d’une communauté pour réaliser une tâche particulière ou collecter des fonds en vue d’un objectif commun. Le travail communautaire favorise, entre autres, la résolution des problèmes, l’entraide, la santé et le bien-être au sein de la collectivité.    

Plusieurs communautés au Ghana et sur le continent africain ont eu recours au travail communautaire pour construire des écoles, des cliniques, des routes et mener des projets d’approvisionnement en eau potable, etc. Dans certaines communautés, les résidents adultes devaient obligatoirement participer à ces travaux et ceux qui s’y dérogeaient étaient sanctionnés par les responsables de la communauté.    

Parmi les exemples de projets réussis grâce au travail communautaire dans certains pays africains, il y a, entre autres, la construction d’une école avec le soutien des membres de la communauté à Attakrom dans le district de Tain au Ghana en 2018, la réfection de routes défectueuses par 14 communautés dans la municipalité de Sefwi-Wiaso au Ghana en 2023, la construction d’une route de 700 mètres par les habitants de Lekki au Nigeria en 2024, la participation de la communauté à la réalisation de projets d’approvisionnement en eau dans la région de Ruiri, dans le comté de Meru au Kenya en 2018.   

État actuel du travail communautaire   

En raison de la mondialisation et de l’urbanisation, le travail communautaire est progressivement en voie de disparition ou en train de prendre une forme différente, sauf dans certaines communautés rurales. La plupart des citadins sont plus préoccupés par le coût de la vie et leur survie que par le fait de consacrer du temps libre à la réalisation d’un objectif commun au sein de la communauté. En outre, l’absence de crédit d’impôt pour les activités bénévoles individuelles dans la plupart des pays africains, conjuguée à des impôts directs et indirects importants, décourage la plupart des résidents urbains de consacrer volontairement du temps à des activités communautaires.     

La quasi-négligence des activités communautaires volontaires dans des zones urbaines comme Accra (Ghana), Lagos (Nigeria) et Nairobi (Kenya) est visible à travers leurs caniveaux bouchés qui entraînent des inondations annuelles conduisant à la destruction des vies et des biens.     

En outre, la mondialisation favorise les migrations transfrontalières et encourage les réalisations individuelles, ce qui peut affecter la capacité des communautés locales à se mobiliser pour des projets de développement. Autrement dit, la mondialisation permet aux gens de voyager en dehors de leur communauté, ce qui réduit leur disponibilité à contribuer par un travail physique bénévole au développement de leur région. Les Africains qui ont migré vers d’autres pays hors d’Afrique sont passés de 17 millions en 2015 à plus de 19,5 millions en 2020.   

Autres formes d’efforts collectifs en raison de la mondialisation et de l’urbanisation   

Alors que la mondialisation et l’urbanisation ne permettent pas aux personnes de se réunir souvent pour réaliser un objectif commun, elles leur offrent cependant de nouveaux moyens de contribuer au développement de leurs communautés.  

Par exemple, plus que les habitants des zones rurales, les citadins et les membres de la diaspora contribuent davantage par des dons à des projets caritatifs pour le développement de leurs communautés. Récemment, le Conseil des associations éwé d’Amérique du Nord (Council of Ewe Associations in North America en anglais) a construit un bloc de trois salles de classe dans le district de Dayi-Sud, dans la région de la Volta. Comme le dit l’adage akan, « Otwe ankɔ dwa a, ne nnwoma kɔ », traduit littéralement par « si l’antilope ne va pas au marché, c’est sa peau qui y va ».   

En 2023, les transferts de fonds de la diaspora vers le Ghana, induits par la mondialisation, ont atteint la somme stupéfiante de 4,6 milliards de dollars, ce qui en fait le deuxième pays d’Afrique subsaharienne (ASS) après le Nigeria en la matière. Les transferts de fonds sont devenus la principale source de devises étrangères dans plusieurs pays africains. Au Kenya, les envois de fonds excèdent les recettes des principales exportations du pays, telles que le tourisme, le thé, le café et l’horticulture. Une fois encore, les envois de fonds ont été la principale source de soutien pour les pays africains confrontés à l’insécurité alimentaire, à la sécheresse, aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement, aux inondations et aux difficultés liées au service de la dette en 2023.   

Par ailleurs, certains citadins s’engagent de façon bénévole auprès d’organisations caritatives pour des projets d’autonomisation des jeunes, des exercices de nettoyage et de bonne gouvernance. Ainsi, même si le travail communautaire n’est plus organisé comme il l’était autrefois, il se manifeste encore sous plusieurs formes dans toute la région de l’Afrique subsaharienne.   

Voies et moyens pour rendre le travail communautaire plus efficace pour le développement durable   

Il est clair que les efforts communautaires sont nécessaires à la transformation des communautés et des pays d’Afrique subsaharienne. Il convient donc d’étudier les moyens suivants pour les rendre plus efficaces.   

Les organisations communautaires d’Afrique subsaharienne devraient identifier et établir des relations avec leurs membres et les associations en dehors de la région pour leur permettre de travailler ensemble pour le développement de leurs communautés locales.   

Les gouvernements des pays d’Afrique subsaharienne sont encouragés à mettre en place des lois visant à octroyer des crédits d’impôt aux activités et services philanthropiques. Cela motivera davantage de personnes, en particulier dans les centres urbains, à entreprendre plus d’activités et de services philanthropiques afin de soutenir les efforts du gouvernement pour le développement de leurs communautés.   

En conclusion, les efforts collectifs des originaires d’une communauté, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, devraient être exploités par le biais de crédits d’impôt et de relations efficaces en vue de favoriser le développement durable.   

 

About the author

Peter Dadzie

Peter Dadzie est un économiste, un analyste de données et un défenseur du développement rural qui se consacre au développement durable des communautés rurales au Ghana par le biais de la recherche, du plaidoyer et de la mise en œuvre de projets à fort impact. Par l'intermédiaire de la Fondation Akurase Mpuntuo, une organisation à but non lucratif qu'il a cofondée en 2022, Peter a eu un impact direct sur plus de 2 000 habitants des zones rurales du Ghana dans les domaines de l'éducation, des soins de santé, de l'eau et de l'assainissement, des installations et des services d'hygiène. Le travail de Peter en tant que chargé de recherche sur l'économie et les produits chez Aguila Holdings Limited lui permet de soutenir les décisions d'investissement et d'entreprise grâce à des recherches et des analyses de données solides.

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WACSI Communications

Peter Dadzie est un économiste, un analyste de données et un défenseur du développement rural qui se consacre au développement durable des communautés rurales au Ghana par le biais de la recherche, du plaidoyer et de la mise en œuvre de projets à fort impact. Par l'intermédiaire de la Fondation Akurase Mpuntuo, une organisation à but non lucratif qu'il a cofondée en 2022, Peter a eu un impact direct sur plus de 2 000 habitants des zones rurales du Ghana dans les domaines de l'éducation, des soins de santé, de l'eau et de l'assainissement, des installations et des services d'hygiène. Le travail de Peter en tant que chargé de recherche sur l'économie et les produits chez Aguila Holdings Limited lui permet de soutenir les décisions d'investissement et d'entreprise grâce à des recherches et des analyses de données solides.

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