Que Faire Face au Viol Récurrent des Mineures en Guinée ?

Que Faire Face au Viol Récurrent des Mineures en Guinée ?

De 2018 à nos jours les organisations de défense des droits des femmes et filles en République de Guinée ont enregistrés un taux élevé des cas de viols faits sur mineures âgées de moins de 18 mois à 15 ans. Selon les enquêtes menées sur le terrain par la Coalition des Femmes et Filles de Guinée (COFFIG), 552 cas de viols ont été enregistrés sur une période de 3 mois. (Credit Photo de Couverture: UNFPA/Fonds Francais/Muskoka/Vincent Tremeau)

Dans la Commune Kaloum ont été recensé 165 cas de viols des petites filles, et 307 cas de témoignages ;dans la Commune Matoto, 108 cas de viols et 277 témoignages ont été recensé, dans la Commune de Dixinn 63 cas de viols et 270 témoignages, dans la Commune de Ratoma 92 cas de viols et 144 témoignages ; dans la commune de Kilomètre 36, ont été enregistré 53 cas et enfin la Commune Matam avec 71 autres cas de viols. On s’aperçoit que ces données sont alarmantes.

La situation est critique et inquiétante car même les bébés de moins de 1 an sont également victimes, en plus des petites écolières impubères. Le plus choquant dans tout ça, c’est l’impunité des bourreaux qui ne sont point poursuivi en justice par le gouvernement pour leurs « crimes ».

Les témoignages prouvent que la justice ne joue pas bien son rôle car les plaintes déposées, n’ont généralement pas d’aboutissement. Or selon l’Article 352 du Code Pénal de la République de Guinée : tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’un enfant par violence, contrainte ou surprise constitue un viol. Le viol sera puni de la réclusion criminelle à temps de 5 à 10 ans et une amande de 500.000[2] à 1 500 000 Francs Guinéen. Toutefois le viol sera puni de 10 à 20 ans et d’une amande de 1.000 000 à 2.500.000 francs guinéens lorsqu’il aurait été commis sur un enfant de moins de 14 ans.

Quelques actions de la société civile en Guinée

L’apport des organisations de la société civile (OSC) dans la lutte contre le phénomène de viol des enfants en Guinée est en grand nombre et nous pouvons dire que les choses commencent à changer grâce aux multiples efforts que les organisations non gouvernementales (ONG) sont entrain de fournir sur le terrain. Tel est le cas du Club des jeunes filles leaders de Guinée qui dénonce et poursuit les auteurs de viol en Guinée. La COFFIG qui mènent des enquêtes sur le terrain pour les cas de viols.[3]

En outre, OPROGEM (Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs) le Mardi 5 Avril a réussi à maitre main sur 2 présumés violeurs, qui seront envoyés devant les tribunaux compétents afin d’être jugés et condamnés. La même structure a reçu à mettre main sur un Enseignant âgé de 46 ans auteur de 6 cas de viols par attouchement sur ces élèves ce Vendredi 17 Mai 2019, le présumé violeur a été envoyé devant les tribunaux de compétences.[4]

Comment limiter les violences sexuelles contre les enfants en Guinée

Pour mettre fin à cette situation, le gouvernement doit accepter de travailler avec les organisations de la société civile en leur impliquant dans le processus de suivi des cas de viols pour condamnation et en mettant les ressources nécessaires à leur disposition pour mieux lutter contre cette pratique qui prend de l’ampleur dans la société Guinéenne. Pour de bon résultats satisfaisants c’est au tour de la police et la justice de poursuivre les cas de viols et juger les présumés violeurs de mineurs.

Outre, la population Guinéenne, les parents et encadreurs doivent accepter de collaborer avec le gouvernement et les Organisation de la Société Civile pour mettre ensemble une stratégie de communication pour éduquer et sensibiliser les enfants en tout premier lieu dans leurs propres familles et écoles sur la sexualité enfin de préparer leur morale contre toute forme d’agression sexuelle.

L’apport du gouvernement dans cette perspective avec le Ministère de l’éducation et de l’alphabétisation qui avait récemment reçu une délégation de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) et L’organisation des Nations Unies pour l’Education, la science et la Culture (l’UNESCO) pour discuter sur les moyens d’intégration de l’éducation sexuelle dans les écoles et établissements scolaires du secondaire. Et aussi Monsieur le Maire de la commune de Ratoma qui s’est engagé à accompagner la COFFIG à lutter contre ce fléau en Guinée.

Ensemble protégeons la petite fille contre toute sorte de violences et agression sexuelles. La fille d’aujourd’hui, est la mère de demain.

 

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